Besoin de domination ?
Dans un groupe de travail, la question suivante a été posée :
"La présentation des besoins des hommes n'est faite que sous un angle positif.
Or dans la vie des entreprises il est très fréquent de rencontrer le besoin de dominer, voire d'écraser les autres.
Pourquoi n'en parlez-vous pas ?"
Les comportements de domination existent bel et bien dans les entreprises comme dans toute communauté humaine.
Mais peut-on dire pour autant qu'ils correspondent à des besoins inscrits dans la nature humaine ?
Il me semble qu'il ne faut pas confondre causes et conséquences.
La domination peut être comprise comme une déviation du besoin d'affirmation de soi et de reconnaissance.
Cette déviation peut avoir une origine psychologique, par exemple le mécanisme de compensation décrit par Alfred Adler. Adler considère que le sentiment d'infériorité est naturel chez l'enfant, dont la faiblesse est réelle par rapport aux adultes ; mais qu'il doit disparaître avec le développement de la personnalité. Il disparaîtra d'autant mieux si le besoin d'auto-affirmation, dans ce développement, est satisfait d'une manière positive, c'est-à-dire socialement ou culturellement valable. A défaut, le sentiment d'infériorité se cristallise et devient complexuel. Pour Adler, toute infériorité a pour corollaire automatique la recherche d'une compensation. Et cette compensation peut s'exprimer sous des formes variées, dont la domination.

Quelles sont les solutions à la portée des entreprises ?
- Développer une culture fondée sur des règles qui font se rencontrer intérêt individuel et intérêt collectif, performance individuelle et performance collective. Ces règles sont fécondes si la volonté de les faire respecter reste consistante. Le choix des critères de performance et le processus d'évaluation de la performance sont des éléments décisifs.
- Sélectionner rigoureusement les personnes appelées à diriger des équipes, d'abord en raison de leurs aptitudes au management des autres, puis de leurs compétences techniques.




