Avr. 07
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Faut-il accabler Noël Forgeard ?
Les 8,4 millions d'euros d'indemnités de licenciement touchées par Noël Forgeard, ex-patron d'EADS , provoquent un tollé. Le rapprochement avec les 10 000 suppressions d'emploi à venir crée une émotion bien compréhensible qui ne peut laisser insensible l'honnête homme du XXI° siècle. Les candidats à l'élection présidentielle, branchés sur l'opinion publique, se sont tous exprimés sur le sujet. Certains pour délivrer des leçons de morale et participer au lynchage médiatique, d'autres pour promettre une loi qui empêcherait une telle situation de se reproduire... Mais au fond, pourquoi faut-il accabler Noël Forgeard ? De quoi est-il coupable ? D'avoir mal géré EADS ? D'avoir trompé ceux qui lui avaient fait confiance ? D'avoir abandonné le navire avant d'affronter la tempête ? D'avoir accepté ce pactole, convenu librement dans le cadre de son contrat de travail, alors que tant de personnes qui dépendaient de lui perdent leur emploi ou leur épargne ?
Dans une économie de libres choix responsables, il apparaît étrange que le ''patron'' d'un groupe aussi important ne supporte pas les conséquences négatives de son action de dirigeant. C'est choquant pour les salariés à qui l'on ne saurait mieux communiquer que leur entreprise n'est pas une communauté de destin. Ce devrait être inacceptable également pour les actionnaires, d'habitude plus soucieux de leurs intérêts. Comment peuvent-ils accepter de donner ce qui ressemble à une prime de mauvaise gestion à celui à qui ils ont confié leur patrimoine ? Certaines grandes entreprises ont résolu cette question en rendant les dirigeants responsables sur leurs biens personnels dans le cadre juridique de la commandite. Il paraît que cela les rend prudents...Un exemple à méditer...
Enfin, c'est sans doute très inconfortable pour Monsieur Forgeard lui-même, et sa famille, s'ils considèrent la question sous l'angle de l'honneur et non du droit.
Enfin, c'est sans doute très inconfortable pour Monsieur Forgeard lui-même, et sa famille, s'ils considèrent la question sous l'angle de l'honneur et non du droit.





