...pour un management respectueux des personnes...

Sep. 06 26

Version imprimable Introduction du Thème "SENS DU TRAVAIL"


Quel sens donner à son travail ?


"Le salariat est la figure moderne de l'esclavage.
Souvenez-vous que l'entreprise n'est pas le lieu de l'épanouissement, cela se saurait.
Vous travaillez pour la paie à la fin du mois, « point barre », comme on dit couramment dans les entreprises."

Cette déclaration lapidaire est tirée du livre "Bonjour Paresse"  de Corinne Maier (éditions Michalon) qui a connu un large succès en 2004.

Malgré l'outrance du propos (esclavage !) ce genre de déclaration entraîne souvent des réactions désabusées du style :
"ben oui, y a du vrai là dedans..."
Belle illustration de la puissance démoralisatrice de figures dialectiques bien maîtrisées !

Pour éviter de tomber dans les pièges dialectiques les plus grossiers, il est très utile de savoir en reconnaître les figures principales. (cf dossier joint)

Si vous ne vous sentez pas de vocation particulière pour la condition d'esclave, nous vous proposons de retourner au réel en vous posant quelques questions concrètes :

Pourquoi travaillez-vous ? (pour avoir...?pour être...?)
Pourquoi avez-vous choisi un travail et pas un autre ?
Une entreprise et pas une autre ?
Êtes-vous satisfait de ce que vous faites ?
Pourquoi avez-vous fait tel travail à telle époque de votre vie ?
Sur quels critères allez-vous choisir un métier, ou l'avez-vous choisi ?

Posez aussi les mêmes questions autour de vous :
Interrogez aussi bien cols blancs et cols bleus.
Intéressez-vous en priorité aux motifs de satisfaction, puis aux motifs d'insatisfaction
Les uns l'emportent-ils sur les autres ?
Faites une mise en commun ! Notez la variété des réponses obtenues.

Y a-t-il des constantes qui se dégagent ?

Confrontez les résultats de votre enquête au résumé des théories de la motivation étudié dans le thème "PERSONNES"

N'Y-A-T-IL PAS PLUS ?

                  

Le travail n'apporte-t-il pas plus que des moyens de subsistance et d'épanouissement ?
Poussez votre enquête et demandez-vous si des raisons plus profondes poussent l'homme à travailler !
Faites l'inventaire de tout ce que peut apporter un travail !

Pour enrichir votre réflexion, aidez-vous de ce texte (ancien mais toujours d'actualité) de J. Grandmougin: "Vous appelez cela du travail ?"


et de celui-ci, encore plus ancien, écrit par un anarchiste en 1859, réponse cinglante à C.Maier !


On a beaucoup dit que l'introduction des 35 h en France avait eu un impact sur la "valeur" travail.
Que pensez-vous de la vision de Jean Grandmougin sur ce sujet ?

"Être Compagnon, c'est considérer le travail non pas comme une fin en soi, mais comme un moyen de se découvrir et de s'épanouir.
L'essentiel de cette philosophie tient dans quelques préceptes simples :
transmettre son savoir-faire, être volontaire, droit et fidèle dans ses engagements, être capable de se remettre en cause, avoir un goût marqué pour la liberté d'entreprendre et de penser."

Connaissez-vous les principes et valeurs du compagnonnage ?
Vous semblent-ils encore actuels ? Transposables à la vie de l'entreprise ?

En définitive, jusqu'à quel point sommes nous marqués par l'idée que nous nous faisons du travail, de notre travail et de celui des autres ?
N'y aurait-il que deux conceptions antagonistes, définissant le travail comme :
- Une contribution au progrès de l'humanité, fondement du lien social, source d'épanouissement et de bonheur personnel
- Une aliénation qui condamne les hommes à perdre leur vie à la gagner

L'observation nous montre des hommes et des femmes qui vivent l'une ou l'autre de ces visions.
Parfois, l'expérience professionnelle amène la même personne à passer d'une vision à l'autre.

De quoi dépend donc cette adhésion à l'une ou l'autre représentation du travail ?
Du poids de facteurs culturels ? De l'organisation du travail ? De son contenu ?
De facteurs institutionnels ? Des liens qui relient les personnes au travail ?

 

 
« Celui qui donne un coup de pioche veut connaître un sens à son coup de pioche.
Et le coup de pioche du bagnard, qui humilie le bagnard, n’est point le même que le coup de pioche du prospecteur, qui grandit le prospecteur.
Le bagne ne réside pas là où des coups de pioche sont donnés.
Il n’est pas d’horreur matérielle.
Le bagne réside là où les coups de pioche sont donnés qui n’ont point de sens, qui ne relient pas celui qui les donne à la communauté des hommes.
Et nous voulons nous évader du bagne »


Antoine de Saint Exupéry
Terre des Hommes