Jeunes et entreprises
L'actualité récente vient une nouvelle fois de le mettre en évidence, les
''jeunes'' et les entreprises semblent avoir du mal à se rencontrer...
Au
delà des questions soulevées par la ''précarité'', une partie des difficultés
d'intégration provient de facteurs qualitatifs.
Momos et yoyos en sont les
nouveaux termes emblématiques...
La perte de repères est souvent incriminée.
Schématiquement, elle peut
se caractériser par les aspects suivants :
Une crise de crédibilité des porteurs
d’autorité traditionnels
Institutions,
famille, école, armée, cité
Perte de cohérence :
chacun critique l’autre
L’école est pour beaucoup le
seul lieu de socialisation
Défiance vis-à-vis des
règles
Le terreau culturel est citadin et virtuel
L’intégration des règles de vie en société
n’est pas acquise
Les disciplines de l’entreprise n'apparaissent que comme
des contraintes
Une tournure d’esprit ''zappeur'' pousse à y échapper
Il en résulte un choc entre les ''références'' des ''jeunes'' et les attentes des entreprises.
Les ''jeunes''
Pas d’autorité reconnue
Monde
virtuel, rien n'est grave, le reset est toujours possible
On a le
temps, cool Raoul !
Les droits précèdent les devoirs
Avoir la moyenne
est suffisant
Tout, tout de suite
Le bien-être sans l’effort
Le
travail est choisi, faute de mieux
Besoin de reconnaissance, de respect et
de sécurité
Les entreprises
Souci de perfection, zéro défaut
Le temps
est court et compté
Organisation et discipline
Règles de fonctionnement
Progrès et effort permanent
Remise en question
Monde réel
Exigence de résultat
Besoin de réactivité et de flexibilité
Avenir
incertain
Bien sûr, il s'agit de simplifications et de globalisations
abusives...
Tous les jeunes ne ressemblent pas à ce portrait
caricatural...
Ni d'ailleurs toutes les
entreprises...
Mais imaginons qu'un candidat ressemblant à la colonne de gauche
ci-dessus se présente à l'embauche dans une entreprise appartenant à la
colonne de droite :
que feriez-vous si ce candidat était embauché et affecté à l'équipe que vous dirigez ?
Faites une enquête : interrogez les personnes de votre
entourage qui sont ou ont été confrontées à semblable situation.
Comment
s'y prennent-elles pour donner le goût de l'apprentissage du métier, pour
encourager l'engagement dans le travail, la prise de responsabilité, le sens
de la qualité, le sens du service, pour développer une relation de confiance
?
Quelles difficultés ont-elles rencontré ? Quelles méthodes, quels moyens
ont-elles utilisé pour réussir ?
Est-il possible de s'en sortir seul, ou
faut-il pouvoir s'appuyer sur un cadre de références cohérent dans l'entreprise
?
Au fond, pour se rencontrer, il faut faire un pas vers l'autre.
Dans le cas de figure ci-dessus, il faut un effort d'adaptation réciproque
pour envisager de construire
une relation de travail fructueuse pour les
deux parties.
Mais comment développer cette relation sans
s'appuyer sur des conceptions communes de ce que sont l'entreprise, le
travail, la responsabilité de chacun, les règles de fonctionnement, de
promotion, de reconnaissance etc.?
Comment faire partager une vision commune
si la conviction fait défaut ? Si tout apparaît comme relatif ?
Comment
faire partager une vision commune sans s'appuyer sur la force de repères
inoxydables, c'est à dire validés par de l'expérience
durable ?




